Paul JOLY s'engage pour sensibiliser à l'importance de l'Accessibilité dans la Cité.

Conférence 2015  Pourquoi- Comment remplir son Ad'Ap auprès des commerçants et Professions libérales


Le Journal de Saint-Germain. – En 2005, la loi dite «Handicap pour l’égalité des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » prévoyait une échéance au 1e rjanvier 2015. Or, ce calendrier ne sera pas tenu…
Paul Joly. – Effectivement, au début de l’année prochaine, la France ne sera pas accessible à tout pour tous. Cependant, la loi n’a pas été repoussée comme on l’entend souvent, mais adaptée.

Dans ce cadre, de nouveaux décrets et circulaires d’application ont été pris au mois de novembre. Ils concernent l’adaptation de cette date – appelée agendas d’accessibilité programmés -, et l‘atténuation de la réglementation.

Les premiers vont permettre d’enjamber la date sur un délai de 3 ans, voire 6 à 9 ans plus spécifiques à condition de s’engager à faire des travaux, avec, en cas de non respect, des sanctions financières, pénales et administratives.

Quant à l’atténuation de la réglementation, elle porte sur un certain nombre de points de mise en accessibilité qui ont été soit optimisés à la réalité du cadre bâti et des situations complexes, soit adaptés par des mesures dérogatoires.

 

Le JSG. – Pouvez-vous nous donner des exemples concrets ?
Paul Joly. – Je pense par exemple aux petits établissements dits « de 5èmecatégorie », comme les  boutiques, qui n’avaient pas, jusqu’à présent, l’obligation de réaliser un diagnostic. Or, il existe un nombre de points précis à mettre en place : les exploitants doivent pouvoir assurer une chaîne de déplacements à une personne en situation de handicap, une continuité de leur service.  Donc, toute la partie ouverte au public doit être aménagée et le service rendu accessible, pas forcément la partie professionnelle.

La difficulté réside dans la multiplicité des handicaps. Lorsqu’on emploie ce mot, on pense généralement à une personne en fauteuil roulant. C’est oublier que la loi stipule très précisément que cela concerne tous les types de handicaps : moteur, sensoriel, les troubles psychiques, cognitifs, les personnes âgées, les personnes avec des poussettes…

 

Le JSG. – Ce qui amène à changer complètement la vision du handicap…

Paul Joly. – L’approche du handicap a en effet profondément changée. Aujourd’hui, elle s’appréhende et s’analyse  plus par la ou les capacités restantes d’une personne que par la ou les déficiences qu’elle porte. De fait, les environnements  situationnels dans lesquels nous évoluons deviennent soit des facteurs aggravants soit des facteurs d’améliorations aux situations de handicap qui se présentent à nous.

Une personne peut se trouver en situation de handicap à cause d’une jambe cassée ; raison pour laquelle nous devons impérativement adapter notre société à tous.

 

Le JSG. – Vous prônez depuis 30 ans la théorie que le handicap apporte du mieux-être à tous plutôt que des contraintes…

Paul Joly. – Je me bats depuis toujours pour que l’on voie le handicap comme un plus pour la société, pour ce qu’il apporte en terme de valorisation à la citoyenneté.

On oublie souvent que la télécommande ou la synthèse vocale ont été développées pour des personnes handicapées, et qu’aujourd’hui, nous en profitons tous !

La personne handicapée est une personne à part entière et non une personne à part. Or, si on répond au plus difficile pour l’adaptation de notre société à tous, on répond évidemment au plus facile, pour encore plus d’indépendance, d’autonomie et de confort pour tous, handicapés ou non.

Sous cet angle, on entre dans une autre dimension, on change le regard porté sur le handicap…la différence…


Le JSG. – De là, découle votre théorie que le handicap est source d’emplois.

Paul Joly. – Source d’emplois, mais aussi d’innovations, de créations de nouveaux services et produits, de marchés complémentaires…Nous allons être de plus en plus nombreux, dans des villes de plus en plus grandes, et nous allons vivre de plus en plus vieux. Ceci va susciter des emplois de proximité, des inventions, comme les moteurs intérieurs à induction magnétique, qui permettent d’ouvrir une porte à distance.

Autre exemple : quand une boutique est dotée de portes automatiques, cela génère 20% de clientèle en plus, car les personnes âgées viennent dans la boutique !

Il faut que les commerçants se rendent compte que l’accessibilité hausse aussi le chiffre d’affaires, même si, au départ, cela demande un peu d’investissement.

Le JSG. – Comment faire passer le message ?

Paul Joly. – Il faut lancer de grands mouvements de sensibilisation pour essayer de convaincre les sceptiques. C’est ce que nous faisons avec les « Sésames de l’accessibilité positive ».

Le 4 novembre, nous avons réuni près de 600 personnes : Personnes handicapées, représentants de ces personnes, sportifs, intellectuels, politiques, entreprises, collectivités, petits commerçants, people…

Nous avons eu de nombreux débats avec ces différents publics pour faire passer l’idée que l’accessibilité, c’est de l’autonomie pour tous, que cela doit être un état d’esprit, une notion à ancrer dans nos gènes…pour construire la Cité de demain où il fera bon vivre ENSEMBLE.     

La commission Communale d'Accessibilité se réunie une fois par mois tous les 3ème jeudi.

 

Permanence de Paul JOLY tous les 3ème jeudi matin au centre administratif 

 


Visite des ERP avec les services techniques. Trouver des solutions de mise en accessibilité : une priorité communale.